Duchesse

Le kitsch comme inspiration : oser la beauté sans pudeur

Le kitsch comme inspiration : oser la beauté sans pudeur

On dit souvent que le kitsch, c’est “trop”. Trop de couleurs, trop de motifs, trop de brillance. Mais c’est justement ce trop qui me fascine. Dans un monde qui aime la retenue, la perfection et les palettes sobres, le kitsch ose tout : il célèbre le plaisir visuel, l’excès, l’émotion brute. Et c’est là que je trouve mon inspiration.

Le kitsch, une explosion de liberté

Pour moi, le kitsch n’est pas un style — c’est une attitude créative. C’est la liberté de mélanger les genres, les textures, les couleurs sans se demander si “ça va ensemble”. C’est refuser les codes de bon goût pour suivre son instinct. Dans mes tableaux, j’aime juxtaposer ce que d’autres opposeraient : des fils aux teintes vives, des tissus à motifs, des matières qui ne “devraient” pas cohabiter. Le résultat ? Une harmonie exubérante, un univers qui déborde de vie et d’énergie.

Le pouvoir de la couleur et de la matière

Le kitsch m’inspire aussi parce qu’il est sensoriel. Il parle au regard, au toucher, parfois même à la nostalgie.
Je travaille à partir de matières récupérées : vêtements, fils, chutes de tissus. Ces éléments ont déjà une histoire, une texture, un vécu. En les assemblant, je crée des compositions qui oscillent entre le chaos et la jubilation, entre le hasard et le jeu. Chaque fil, chaque fragment de tissu est une note dans une symphonie visuelle où la couleur est reine.

Le kitsch comme émotion

On associe souvent le kitsch à la superficialité, mais pour moi, c’est tout l’inverse. Le kitsch, c’est l’émotion à nu — sans filtre, sans retenue. C’est ce qui touche directement, ce qui fait sourire, ce qui rappelle l’enfance, les objets simples et sincères. Mes œuvres ne cherchent pas à être “sages” : elles cherchent à émouvoir, à provoquer une réaction, à réveiller quelque chose de joyeux et de vivant chez celui qui les regarde.

Du mauvais goût au goût de soi

Travailler dans l’esprit du kitsch, c’est aussi une manière d’affirmer son individualité. Le kitsch rejette l’uniformité. Il dit : “Exprime-toi, même si c’est trop, même si c’est différent.” Dans un monde où tout est calibré et lissé, créer à partir du kitsch, c’est un acte de liberté. Et c’est précisément cette liberté qui me pousse à explorer, à superposer, à exagérer — jusqu’à trouver l’équilibre entre le chaos et la beauté.

Le kitsch, pour moi, c’est la joie d’oser. C’est une esthétique du cœur plus que du goût, un hommage à la spontanéité, à l’excès et à la tendresse. Mes tableaux sont des fragments de ce monde-là : colorés, texturés, décomplexés — vivants.